Irak – Affaire “Pétrole… sans nourriture”, par Gilles Munier

July 22, 2010 at 2:12 am | Posted in Turkmens | Leave a comment
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Affaire “Pétrole… sans nourriture”

Par Gilles Munier

http://www.france-irak-actualite.com/article-affaire-petrole-sans-nourriture-54249549.html

 

   Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU a annoncé le 19 juillet 2010 (1) que de « nombreux besoins » en nourriture, et en abris pour les « personnes déplacées »euphémisme utilisé pour désigner les Irakiens victimes des opérations de nettoyage ethnique organisées par les milices pro-iraniennes –  prévus par son Plan d’action 2010 ne pourront pas être assurés, faute de moyens financiers. Extraits du communiqué :

– Les distributions de nourriture à 800.000 femmes enceintes et allaitantes et à des enfants mal-nourris ont dû être suspendues, 

Les distributions de nourriture à 960.000 enfants allant à l’école ont également été suspendues,

Les conditions d’existence de 500 000 personnes affectées par la sécheresse dans les gouvernorats de Soulimaniya et Dohouk sont menacées,

Le plan d’action pour aider 22.500 familles déplacées vulnérables avec des abris d’urgence va devoir être suspendu. Des milliers de ménages vont devoir continuer à vivre dans des abris de fortune, sans pouvoir se protéger des conditions climatiques extrêmes.

Où passe l’argent du pétrole ?

   Sept ans après l’invasion de l’Irak et le renversement du Président Saddam Hussein, le régime de Bagdad rongé par la corruption (2) quémande toujours des fonds à des pays donateurs, mais avec de moins en moins de résultat. Cette année, sur 187,7 millions de dollars  requis pour la mise en œuvre du plan humanitaire de l’ONU, seulement 12% des promesses de financement ont été honorés. Et pour cause : selon Hussein al-Sharistani, ministre du Pétrole, les revenus pétroliers irakiens se montent à 171 milliards de dollars pour la période 2006 /2009. L’Irak produit aujourd’hui 2,5 millions de barils de brut par jour. Question : où passe l’argent du pétrole ?

   A Bagdad et à Erbil (Région autonome du Kurdistan), les contrats dits de reconstruction sont signés avec des entreprises étrangères en fonction des avances sur commissions qu’ils génèrent. Tant pis si les travaux ne sont pas réalisés, pour des raisons de sécurité ou pour engagements non tenus (3). L’inculpation récente de Tarek Aziz pour « dilapidation des deniers publics »décision prise sans doute pour relancer l’affaire « Pétrole contre nourriture » et faire chanter des personnalités étrangères – ne trompe pas les Irakiens qui savent que l’argent du pétrole engraisse les comptes bancaires ouverts dans des paradis fiscaux par les politiciens et les chefs de milices parvenus au pouvoir en 2003.

Notes :

(1) Iraq : le manque de fonds menace la distribution de l’aide alimentaire

http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=22456&Cr=Iraq&Cr1=

(2) L’Irak est un des quatre pays les plus corrompus au monde, selon l’ONG Transparency International (rapport 2009).

(3) Lire : Sarkozy et le commerce franco-irakien / Arnaques et pièges en tous genres

http://www.france-irak-actualite.com/pages/Sarkozy_et_le_commerce_francoirakien_avril_2009-1982461.html

 (4) Irak : quand le pétrole assure des revenus juteux

http://www.leblogfinance.com/2010/07/irak-quand-le-petrole-assure-des-revenus-juteux.html

 

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Les nouveaux voleurs de Bagdad, par Gilles Munier

December 6, 2009 at 2:51 pm | Posted in Turkmens | Leave a comment
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Les députés irakiens s’empiffrent !

Les nouveaux voleurs de Bagdad

Gilles Munier

http://www.france-irak-actualite.com/article-les-deputes-irakiens-s-empiffrent–40658329.html

  Dimanche 6 décembre 2009

 Les députés irakiens s’accrochent à leur siège. On comprend pourquoi depuis que leurs privilèges, exorbitants, ont été rendus publics. Ils touchent 25 500$ par mois, auxquels s’ajoute une prime de 8 500$ – également mensuelle – pour rémunérer une trentaine de secrétaires et de gardes du corps. La plupart des « élus » conservent cette somme pour eux – ou sa majeure partie – car, vivant à l’étranger, ils n’emploient des miliciens ou des membres de leur tribu – généralement sous payés – qu’à l’occasion de passages éclairs à Bagdad, dans la Zone verte. Le quorum de 138 députés n’étant jamais atteint, les lois sont votées à la majorité des présents, ou à main levée – comme en octobre 2006 – pour empêcher tout décompte et faire passer en force celle instaurant le fédéralisme.

Ce n’est pas tout : lors de sessions interdites aux médias, ils se sont dispensé de rembourser une avance de 60 000$, exceptionnellement versée pour acheter une voiture blindée et les véhicules de protection l’accompagnant. Les élections législatives approchant, ils se sont alloué un terrain à bâtir de 600 m2, et ont décidé que les députés sortants percevront 80% de leur salaire actuel pendant 10 ans. Chacun d’entre eux, et leur famille, disposeront, en outre, d’un passeport diplomatique.

On imagine le tollé qu’ont provoqué ces informations dans les milieux populaires. D’autant que depuis l’invasion américaine d’avril 2003, la misère n’a cessé de gagner du terrain. Selon l’Autorité centrale des statistiques, un organisme public irakien : 23% des Irakiens –  c’est-à-dire un habitant sur quatre – vivent en dessous du seuil de pauvreté avec moins de 2$ par jour. De 18 à 30 % de la population sont au chômage. Le salaire moyen d’un fonctionnaire est de 150 $, celui d’un ouvrier beaucoup moins. Les cadres supérieurs touchant entre 500 et 1 000$ par mois font figure de privilégiés.

L’Irak n’est pas seulement devenu un des pays les plus corrompus du monde ; en dehors du pétrole dont la vente alimente les comptes en Suisse des dirigeants, finance les milices et les organes répressifs, les industries les plus florissantes sont les enlèvements contre rançon, la drogue, la prostitution, les trafics d’organes … et les pompes funèbres.

Irak : la IVe République sans De Gaulle au bout du tunnel

November 28, 2009 at 12:29 pm | Posted in Turkmens | Leave a comment
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Par Georges Malbrunot

 le 27 novembre 2009

Commentaires (1)

 http://blog.lefigaro.fr/malbrunot/2009/11/irak-la-iveme-republique-sans.html

 

Un régime d’assemblée ingouvernable. J’ai assisté avant-hier à une intéressante conférence de la chercheuse Louloua al-Rashid sur l’Irak, dont les conclusions rejoignent largement celles de l’ancien diplomate, Denis Bauchard, de retour lui aussi de Bagdad (lire ici): à savoir que si la sécurité s’était améliorée (400 morts par mois désormais, contre 3.000 il y a deux ans), sur le plan politique, l’avenir reste sombre.

Faute de disposer d’un état fort s’appuyant sur de solides institutions, l’Irak s’enfonce au contraire dans «un système de gouvernement à la libanaise» : un confessionnalisme toujours puissant, avec des potentats locaux disposant de miliciens pour servir leurs desseins, et une corruption largement répandue entre responsables politiques. A moyen terme, aucun d’entre eux n’a intérêt à voir émerger un leader fort, qui mettrait fin à cette situation de rente.

Le système électoral, basé sur la proportionnelle, ne permet pas l’émergence d’une majorité de gouvernement homogène. Le premier ministre, Nouri al-Maliki, même réélu l’année prochaine, devra encore composer avec une coalition, qui ne le laissera pas gouverner, comme il l’entend. Bref, l’Irak d’aujourd’hui, c’est un peu la IVe république, mais sans le général de Gaulle au bout du tunnel ! Et sans jouer les Cassandre, il faudra encore une bonne dizaine d’années avant que l’Irak ne reparte du bon pied, reconnaisse la plupart des experts.

Pour Louloua al-Rashid, l’armée, à l’instar des autres institutions, obéit, ici, à un responsable kurde, là, au premier ministre chiite Nouri al-Maliki, mais elle n’apparaît pas encore comme un instrument fiable au service d’un Etat, capable d’exercer son autorité sur l’ensemble du territoire. Difficile dans ces conditions d’engager une coopération militaire avec l’armée irakienne, comme la France tente pourtant de le faire.

Mais au-delà des enseignements que Louloua al-Rashid tire de son récent séjour en Irak – et qui feront l’objet d’un rapport pour le compte de l’International Crisis Group je vous livre deux anecdotes qu’elle a recueillies à Bagdad et qui en disent long sur l’état d’esprit des dirigeants de l’ancienne Mésopotamie.

Sept ans bientôt après être arrivés dans le sillage des troupes américaines, nombre d’entre eux habitent toujours dans les maisons des ex cadres de la dictature baasiste, mais sans leurs femmes, restées en Jordanie, à Londres, ou ailleurs, bien loin du bourbier irakien. Elles ne sont toujours pas rentrées au pays. Sans doute parce qu’elles n’ont guère confiance dans son avenir. Cruel aveu d’échec !

D’autre part, ajoute Louloua al-Rashid, «souvent au cours de mes entretiens avec des responsables irakiens, ceux-ci interrompaient leurs conversations pour répondre à un appel téléphonique de Jordanie ou d’ailleurs». De quoi discutaient-ils ? De l’avenir de l’Irak ? Vous n’y pensez pas ! «Il s’agissait plutôt de négocier l’achat d’un immeuble, d’une maison ou bien alors de finaliser la signature d’un contrat de reconstruction avec une société étrangère».

Quel Irak pour les Irakiens? par Xavière Jardez

May 3, 2009 at 11:34 am | Posted in Turkmens | Leave a comment
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Quel Irak pour les Irakiens ?

par Xavière Jardez

publié dans

AFI-Flash N° 92

 

Bien que leur sécurité soit loin d’être assurée, de nombreux Irakiens rentrent au pays « pour fuir la pauvreté ».

 

C’est ce qui se produit aux Etats-Unis parmi la petite communauté d’exilés irakiens qui, en raison de leur travail et de leurs liens avec les militaires américains, ont pu s’y réfugier. Leur vie là-bas n’a été qu’une longue liste de désillusions. Beaucoup se sentent trahis par les promesses des Nations unies et le faible montant de l’aide financière qui leur a été octroyée pour se réinsérer : 850 dollars par personne, la moitié  reversée en coûts administratifs. Les Irakiens sur le départ reconnaissent qu’ils seront moins en sécurité, mais qu’ils seront plus en mesure de se nourrir, de payer un loyer et de soigner, ce qu’ils ne peuvent faire aux Etats-Unis sans couverture médicale.

 

Mais quel Irak vont-ils retrouver ?  L’économie est dévastée, la corruption parrainée par les Américains est rampante. Ces derniers ont détourné  et attribué discrètement  à leurs copains la coquette somme de 32 milliards de dollars devant être consacrés à la reconstruction. La texture même de la société a été bouleversée.

 

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